ARS QUATUOR CORONATORUM
ART ROYAL
ARTISTES LYRIQUES
ARTS ET L'AMITIÉ
ARTS RÉUNIS
ARUNDALE
ARÚS
ASHMOLE
ASSELINE
ASSOCIATION MAÇONNIQUE INTERNATIONALE
AUTRICHE
AVENIR (L')

ARS QUATUOR CORONATORUM
voir QUATUOR CORONATI

ART ROYAL
«. Dans ces régions, au bord du Tigre et de l'Euphrate, fleurirent plus tard de nombreux prêtres et mathématiciens connus sous le nom de Chaldéens et de mages qui conservèrent [cette] bonne science qu'est [la] géométrie, de même les rois et les grands hommes encouragèrent royal» (Constitutions d'Anderson).

Artiste.jpg - 37575,0 K Des la partie historique des Constitutions d'Anderson, I'expression , couramment employée pour désigner la pratique maçonnique, est utilisée. Si on sait qu'elle fait référence à l'art de bâtir des opératifs, les interprétations concernant ses origines sont nombreuses.

Les analyses proposées par Guénon et Wirth en témoignent. Dans ses Aperçus sur l'initiation le premier opère une distinction précise entre Art royal et Art sacerdotal. Les " deux arts " correspondraient à des initiations reposant sur des principes différents. Selon Guenon, l'art royal relève d'applications fournies par les initiations liées aux Petits Mystères lesquels comprennent tout ce qui se rapporte aux possibilités de l'état humain dans son intégralité et aboutit à la perfection de cet état. L'art sacerdotal ferait référence aux initiations des Grands Mystères qui prennent l'être humain au point laissé par les précédents pour le conduire jusqu'à « l'identité suprême ». Dans cette perspective le spirituel prime sur le temporel et, reprenant les termes de la classification hindoue et posant de fait le postulat de la division en castes, Guenon opère distinction entre des pratiques accessibles à une classe sacerdotale et d'autres à une classe royale.

Wirth voit de son côté une tout autre référence donnant la part belle à Salomon: selon lui, l'origine de la stratégie des constructeurs de cathédrales qui, en jouant sur le pouvoir rassurant de I'expression, écarterait un peu les soupçons d'une Église inquiète de l'hérésie cachée par le secret. Plus tard, toujours fidèle à la racine salomonienne mais dans une perspective différente, Wirth lie l'expression à l'évocation du goût pour les constructeurs manifesté par les rois depuis le fils de David.

D'autres auteurs évoquent encore bien des racines possibles. Le martiniste Jules Boucher préfère ainsi s'orienter vers un lien entre l'Art royal et l'Art sacre de l'Antiquité et vers l'interpénétration de la chimie et de l'alchimie. Le qualificatif. ( Royal ) serait ici lie à 1'«eau régale », qui dissout l'or, le roi des métaux.
E. S.
ARTISTES LYRIQUES
Pierre Jélyotte fut sans doute un des tout premiers artistes lyriques à intégrer une loge maçonnique, puisque le nom de ce haute-contre est cité sur le tableau de l'atelier Coustos-Villeroy en 1737 Joseph Bucciarelli, chanteur de la Musique du roi avant la Révolution puis sous la Restauration fut aussi membre de la loge Le Patriotisme (orient de la Cour), où il exerça la fonction d'intendant de l'harmonie. Dans le sillage de ces hommes, les artistes lyriques sont très nombreux à être inities

Guillaume Cavalhies, haute-contre, aux Amis de la Vertu (1774), à Saint-François des Amis Réunis (1775) et à Saint-Jean d'Écosse du Contrat Social (1781-1786)

Jérôme Crescentini, chanteur et compositeur à Saint-Jean de Palestine (1784)

Jean-François Méon (taille), mentionné sur les tableaux de Saint-Charles du Triomphe de la Parfaite Harmonie (1778) et de Saint-Jean d'Écosse du Contrat Social (1782-1788) les frères Murgeon chanteurs de la Chapelle royale dans les loges Les Vrais Amis (1777) et Le Patriotisme (1785-1788); J. Rousseau, haute contre de l'Opéra, membre de Saint-Jean d'Écosse du Contrat Social (1782) et des Neuf Sœurs (1784) et Jean-François Lays (1758-1831) qui mérite une mention particulière.

Admis dans les loges Saint-Lazare (1773) aux Neuf Sœurs et à Saint-Jean d'Écosser du Contrat Social (à partir de 1782 et jusqu'en 1809, comme membre honoraire), cette dernière rend hommage à sa fidélité exemplaire. Professeur au Conservatoire de 1795 à 1799, artiste de la Chapelle impériale de 1801 à 1814, il fut ensuite professeur de l'École royale de chant et de déclamation de 1819 à 1826. Durant les premières décennies du XlXe siècle, on constate la croissance du nombre de chanteurs dans les loges Ce phénomène n'est pas uniquement parisien et s'explique par l'essor des scènes. L'engouement général pour l'art lyrique trouve un écho dans les ateliers.

Sous le Premier Empire puis sous la Restauration (sous l'impulsion de Rossini), le rayonnement du Théâtre-italien profite particulièrement au recrutement maçonnique. Entre 1804 et 1808, la loge Le Temple des Muses se consacre ainsi à la promotion de la langue italienne et de l'art lyrique. Un de ses membres fondateurs est d'ailleurs Martinelli, premier chanteur du Théâtre-ltalien et de la Chambre de l'empereur. Fedi-Riesch, second surveillant puis trésorier de la loge, appartient aussi au Théâtre-ltalien de même que Giuseppe Mosca le directeur de l'harmonie. Le ténor Vincenzo Aliprandi était membre de L'Age d'Or.

L'Opéra Comique à aussi fourni à la maçonnerie des artistes de renom: Léonard Hermann-Léon, élève de Delsarte et Henry, eux-mêmes francs-maçons appartint aux Frères Unis Inséparables (1849- 1851). On peut aussi mentionner Hyppolite Roger (dans le même atelier), Jean Baptiste Gavaudan ou Louis Auguste

Le prestige de l'Opéra facilite l'intégration à la maçonnerie de ses artistes, instrumentistes et lyriques. Outre Lays, le célèbre ténor Louis Nourrit appartint à l'Âge d'Or (1802).L'Amitié (1806 1808) et à Anacréon (1808-1816).

Le basse-taille Jean-Louis Bertin, élève de Leresueur, fut probablement initie avant la Révolution, il appartint à l'Amitié (1806 1812) à Anacréon (1807-1816), et au Centre des Amis (1808) Artiste sollicité, il chanta pour ces ateliers, mais aussi pour La Vraie Réunion (1803) et Les Cœurs Unis (1812). Il se chargea de l'organisation des concerts du Grand Orient entre 1801 et 1811, assurant à l'obédience la participation d'artistes de l'Académie Impériale de Musique.

Outre ces trois scènes le phénomène touche aussi les théâtres Feydeau, du Vaudeville et l'Odéon. La présence des directeurs de scènes lyriques (Francoeur Viotti ou Chéron) facilitait les relations entre ces loges et le monde musical.

En province, on retrouve l'intégration des artistes lyriques et des directeurs de scènes. A Rouen, les sollicitations des Arts Réunis à l'égard des artistes lyriques accompagnent le moment ou l'atelier compte les directeurs de la scène rouennaise Il en est de même à Caen avec Thémis À côte de la population masculine les chanteuses non initiées apportent une contribution non négligeable aux pratiques musicales des loges. La célèbre Malibran a interprète ainsi deux romances de sa composition pour la loge des Sept Écossais en 1831. Pauline Virginie Dejazet est aussi connue en maçonnerie pour son dévouement aux causes philanthropiques. Elle participe à une séance musicale des Arts Réunis (Rouen) et proposa un concert au bénéfice de l'œuvre de la loge Thémis (Caen, 1857). Durant la seconde moitié du XlXe siècle, avec le déclin des pratiques musicales maçonniques de prestige la concentration des artistes lyriques en maçonnerie diminue nettement, leur renommée étant le plus souvent locale. On peut cependant signaler l'appartenance du baryton Enrico Delle Sedie (1822-1907) aux Frères Unis Inséparables, une loge qui proposa au début du XXe siècle des matinées artistiques aux programmes varies, qui laissent supposer des relations avec des artistes lyriques. Chr. N.
ARTS ET L'AMITIÉ
(Les) (Aix)
Née de la fusion entre deux ateliers L'Amitié et Les Arts et l'Amitié, cette loge aixoise, étudiée par Chr. Derobert-Ratel à partir de sources privées fort riches, présente une histoire qui éclaire à la fois la connaissance du fonctionnement des structures de sociabilité à Aix-en-Provence, une cité de très forte tradition maçonnique ou avec 300 frères pour 30 000 habitants les ateliers rassemblaient 1 % de la population de la ville, et celle des mutations culturelles survenues au sein de la franc-maçonnerie entre 1848 et 1871.

Émergeant véritablement en juillet 1826, Les Arts et l'Amitié se développe dans le cadre marquant la vie maçonnique provinciale sous les monarchies censitaires. Sociologiquement, on remarque que la loge attire toujours tout ce qu'Aix compte de gens importants, mais on y observe aussi les effets de la lente descente sociale du fait maçonnique. Tout en continuant à exclure les couches sociales qui ne disposent pas de l'indépendance financière requise, Les Arts et I'Amitié rassemble une bourgeoisie moyenne et composite de fonctionnaires, de membres des professions libérales et, surtout, de commerçants et d'artisans (52,8 % du recrutement). Parallèlement, les activités philanthropiques qu'elle développe plus autonomes et mieux définies font véritablement de la loge un espace social et culturel laïcisé et concurrent des Églises. Le bref moment républicain voit se construire, avec l'émergence de la caisse de bienfaisance (1850), les fondations durables qui entérinent cette évolution.

C'est pourtant durant l'Empire libéral, par la mise en place d'une véritable stratégie d'ouverture vers la société civile visant à faire de l'atelier l'une des pièces Maîtresses de la sociabilité bourgeoise à Aix que s'accélèrent les mutations. Émergent alors des canaux novateurs qui permettent d'amplifier les mutations aperçues durant la période précédente et une ouverture durable vers la société profane. Dans une perspective interne, les oeuvres culturelles et éducatives menées par l'atelier constituent les instruments privilégiés de la transformation. La loge monte ainsi un cycle de conférences (1864) destiné à assurer chaque semaine la « formation continue de tous les frères» où les maçons peuvent venir se perfectionner en écoutant des juristes réputés comme le professeur Fresquet ou l'avocat Brémond. L'année suivante, la mise en place d'une bibliothèque répond un peu plus à la volonté de développer l'instruction parmi les frères. La part accordée aux auteurs classiques à la philosophie des Lumières et à l'histoire correspond à la culture des frères essentiellement recrutés parmi la bourgeoisie voltairienne. Dans un souci d'extériorisation, c'est la fonction festive qui sert de support au partage des valeurs de la Fraternité. Le banquet constitue le moyen d'attirer les élites. Bals et concerts et, plus encore, les représentations de la colonne l'harmonie (en décembre 1863) dont on vante publiquement les talents dans les colonnes du Mémorial d'Aix, sont les vecteurs efficaces d'une politique qui visent à attirer vers la loge notables et mélomanes.

Le succès est au rendez-vous car, en plus de l'attraction remarquable exercée par la loge aixoise sur le monde des élites administratives et des « capacités » la réciprocité des influences se renforce. Si les maçons continuent à entrer en nombre dans les cercles récréatifs et les sociétés de commerce de la cité, la loge offre un potentiel d'accueil et d'alliances qui joue autant pour les initiés que pour les convives. Le monde politique est bien représenté: 4 maires, 7 conseillers généraux (auxquels il faudrait ajouter 7 membres des Amis de la Bienfaisance), la moisson est prestigieuse. L'attraction sur le corps municipal où, entre 1848 et 1871, les maçons représentent entre 26 et 82 .% des élus, est impressionnante. Sans surprise l'extériorisation se fait en faveur du camp de la République. La loge a souscrit il est vrai pour les quarante-huitards, et la participation des francs-maçons aixois a atteint son paroxysme dès les lendemains de février 1848 (82 %). On retrouve cependant une diversité des opinions: les frères des Arts et I'Amitié penchent du côté de la République alors que aux Amis de la Bienfaisance maçonnent les tenants du camp conservateur. Ainsi lorsque les événements de février ont imposé une nouvelle municipalité, Les Arts et l'Amitié fut bien représentée (12 membres) alors que les frères des Amis de la Bienfaisance étaient réduits à la portion congrue (2). Sous l'Empire autoritaire, au moment où la présence des "Arts " atteint son étiage au conseil municipal (11,1 % en juillet 1860), Les Amis de la Bienfaisance représentent au contraire plus de la moitié de celui-ci (55,5%). On a donc la preuve que si l'histoire des Arts et l'Amitié est significative des mutations profondes de l'Ordre celle du mythe du maçon fondateur de la IIIe République doit être analysée dans sa globalité, dans I'extrême diversité des positions qui fondent le monde maçonnique. E.S.
ARTS RÉUNIS
(Les)
Fondée en 1807, cette loge rouennaise mérite une attention particulière en raison de son recrutement originel et surtout de son engagement dans la cite.

Le personnel de la loge se distingue par la représentation du monde artistique. Il est vrai que parmi les neuf fondateurs on compte trois musiciens. Par la suite, jusqu'en 1858, plus d'une centaine de musiciens figurent encore parmi les frères de l'harmonie. Ce sont essentiellement des artistes reconnus, majoritairement des artistes lyriques. Néanmoins, la population artistique étant mouvante, on observe sans surprise que seuls trois musiciens ont maçonné régulièrement pendant plus de neuf ans.

La proximité du Théâtre des Arts aidant, le répertoire de la loge est pourtant marqué par ce petit noyau d'artistes: on y entend plus de passages d'opéras d'Halévy, de Mehul de Rossini ou de Weber que d'extraits de La Création de Haydn, ou de cantates maçonniques. Entre 1840 et 1860 la mélodie d'inspiration religieuse rencontre également un succès certain parmi les frères qui écoutent des oeuvres comme Aime, travaille et prie, La Charité et Donnez, le ciel vous le rendra

Plus tard, en 1846, convaincus de la nécessaire avancée des idées socialistes défendues lors du Congres des loges de l'Ouest en 1846, les frères des Arts Réunis s'orientent vers la conciliation de leur foi avec une sensibilité politique en cours de transformation. La loge est sensible aux difficultés des populations laborieuses de la cité depuis la fin de la Restauration et à partir de la monarchie de Juillet. L'atelier travaille à une philanthropie autonome, en créant, en 1844, la caisse centrale de bienfaisance destinée aux maçons tombés dans l'infortune, aux veuves et orphelins de frères. En 1847, celle-ci s'oriente vers l'extérieur en créant ; crèche Saint-Jean, sise dans le faubourg populeux de Saint-Sever et placée sous la tutelle de la maçonnerie rouennaise. Elle est encadrée par des dames patronnesses parentes de maçons. En 1858. l'atelier se distingue encore en versant 600 francs au comité de bienfaisance auquel appartient le vénérable, le frère Houdard. Dans ce contexte la politisation progresse; la loge commémore les 50 ans du héros républicain Desseaux. En 1876, à l'occasion d'une contribution sur la dépopulation, l'orateur préconise des réformes comme l'allocation à la jeune mère les six mois suivant l'accouchement la multiplication des crèches.

En 1879, la loge s'engage auprès des radicaux dans le débat républicain en faveur de la liberté d'association contre les congrégations et leur pouvoir sur l'éducation. En 1888 la loge prend très nettement position contre le boulangisme. La loge s'est éteinte à l'aube du XXe siècle.
Chr. N.
ARUNDALE,
Francesca (Brighton 1847Adyar, 1924)
Francesca Arundale est la sœur aînée, restée célibataire de Maria Martin, l'une des fondatrices du Droit Humain*. Attirée par les formes de religiosité qui s'épanouissent dans le monde indien, les années qui précèdent son initiation sont essentiellement marquées par l'écriture d'un ouvrage intitulé Idea of Rebirth Including an Translation of an Essay on Re-incarnation by Karl Hechel (en 1890) qui développe des conceptions théosophiques personnelles concernant la réincarnation. C'est en 1896 qu'elle fut initiée, à Paris dans la Loge n° I qui prit ultérieurement le nom de Maria Deraismes. Elle passe rapidement au compagnonnage, la même année à Zurich, puis atteint la maîtrise en 1899 dans sa loge mère* parisienne. Cinq ans plus tard, elle se trouve au sommet de la hiérarchie des grades* du Rite Écossais Ancien et Accepte puis qu'elle est reçue au 33° en 1904. Mais son action ne se limite pas à la poursuite d'un perfectionnement individuel: elle est en effet soucieuse de diffuser la franc- maçonnerie mixte hors de France. Elle travaille donc très activement à l'expansion de celle-ci en Angleterre.
Ainsi, grâce à son action et à son dévouement, la première loge du Droit Humain non française est fondée à Londres le 26 septembre 1902. Elle porte le nom de Human Duty, n° 6. Amie et proche collaboratrice d'Annie Besant au sein de la Société Théosophique c'est Francesca Arundale qui a amené celle-ci à découvrir et à adhérer à une «association» où l'on pratiquait la vraie fraternité en complète mixité, travaillant cote à cote au perfectionnement de l'humanité. Lorsque Marie-Georges Martin Grand Maître du Droit Humain, installe cette précieuse recrue comme vénérable, elle ne manque pas de rendre un hommage appuyé à l'activité de la sœur Arundale. Cette première création à l'étranger est suivie par l'ouverture de nombreux autres ateliers en Angleterre et dans les pays dépendants de l'Empire britannique où Francesca Arundale à décide de s'installer. En effet, vers 1907, elle est définitivement établie aux Indes. Frappée par le sort misérable de la condition féminine, durant de nombreuses années elle consacre son temps à créer, à Bénarès, des écoles, à éduquer et enseigner des jeunes filles de 8 à 12 ans, souvent déjà mariées et mères. Ses talents pédagogiques ont d'ailleurs servi à former nombre de personnalités prestigieuses: Francesca Arundale éleva ainsi son neveu, George Arundale, celui la même qui succéda à Annie Besant en 1934 à la tête de la Société Théosophiques, et, à la suite de Leadbeater, le jeune Krisnamurti. D'une famille de brahmanes, ce dernier eut une véritable audience spirituelle puisque perçu par A. Besant comme futur « instructeur du monde », il fut choisi par elle pour diriger « L' Étoile d'Orient », à 16 ans (qu'il dissoudra en 1929). Avec les ans, le poids de Francesca Arundale dans le monde maçonnique ne s'affaiblit pas: elle est en effet appelée à 75 ans par Annie Besant pour la remplacer à l'inspection des loges en Angleterre qui soulevaient quelques problèmes. Supportant mal ce long voyage vers l'Europe, elle tombe malade et meurt peu après son retour, à Adhyar, aux Indes, le 23 mars 1924. 1. M.
ARÚS,
Rosendo (Barcelone, 1845-1891)
La figure singulière de Rosendo Arùs Arederiù appartient au puissant mouvement autonomiste qui se développe au sein de la maçonnerie espagnole dans le dernier quart du XIXe siècle. Son action au sein de la loge Avant à été déterminante lors de la fondation de la Grande Loge Symbolique Catalane, obédience qui incarne l'indépendance du symbolisme et intègre dans ses structures les principales lignes du système politique fédéral de nature régionaliste.

Fils de commerçants aisés, Arùs appartient à la bourgeoisie progressiste catalane de la fin du siècle. Sa famille lui offre une éducation soignée qu'il complète lui-même dans des réunions fréquentes organisées dans 1'arriére-boutique par Federico Soler, le populaire « Pitarra », et dans bien d'autres nombreux cercles qui prolifèrent dans les années 1860 à Barcelone. Il y rencontre Valentin Almirall, Conrado Roure, Victor Balaguer, et d'autres radicaux qui l'aident à faire mûrir sa vocation littéraire naissante, le mettent sur la voie du nationalisme catalan et avivent son esprit de liberté. La petite fortune familiale lui procure pour la vie une situation économique aisée. Comme l'a montré Galofré, une passion irrésistible du théâtre l'a habité et conduit à publier 57 oeuvres (47 en catalan et 10 en castillan). Dans ses écrits il cultive la critique anticléricale, propage des idées républicaines et défend passionnément la différence catalane. Ses livres lui permettent de fustiger le conservatisme social et de mettre en valeur la culture et la langue de son peuple. D'autre part, il fait partie de nombreuses associations culturelles et festives, liées à des entreprises de bienfaisance. Ainsi, à 20 ans il entre dans la Sociedad del Born qui anime les carnavals et effectue des collectes pour aider les indigents et les réfugies. En 1869, il fait partie du comité de direction de la Société philanthropique de Barcelone et en 1879, de la Société protectrice des animaux et des plantes. En 1883, il est membre protecteur de l'Ateneo Hobrero de Barcelone. En de nombreuses occasions, il fait don d'importantes sommes d'argent pour aider blessés de guerre, prisonniers politiques et victimes de catastrophes naturelles.

Son action maçonnique s'insère dans cet engagement philanthropique. Il lui sacrifie toutes les vanités de la vie et place en elle ses illusions les plus chères. Son apport est si enrichissant qu'on ne peut parler de la maçonnerie espagnole entre 1880 et 1891 sans se référer à ce citoyen barcelonais exemplaire.

Si l'on suit son propre témoignage, c'est vers 1870 dans la loge Fraternidad n° I de Barcelone (Grand Orient National d'Espagne) qu'il aurait été initie. Il prend le surnom symbolique de Fivaller, chevalier des XlVe-XVe siècles considère traditionnellement comme défenseur des libertés municipales catalanes. En juin 1873 il est simultanément compagnon et maître puis, en mars 1874, il est initie au 9e du Rite Écossais Ancien et Accepte. En 1877, il est affilié à la loge Verdad (Vérité n° 77) à Barcelone sous l'égide du Gran Oriente Lusitano Unido. Deux ans plus tard il atteint le 18e et occupe les fonctions d'orateur et de vénérable. En raison de son autorité morale l'obédience portugaise le nomme en mai 1880 président du Grand Chapitre Catalan qu'elle venait de fonder.
A la fin de 1880, avec L. Frau P. Villa E. Fontseré et quelques autres, il partage ses idéaux et installe la loge Avant sous l'égide du Gran Oriente Lusitano Unido Dans cet atelier, dont il est le vénérable, il travaille sans relâche pour constituer une obédience conforme à ses principes idéologiques. En 1886, alors qu'il est titulaire du 33e et qu'il a derrière lui une longue expérience il obtient l'adhésion de 14 loges pour ériger la Grande Loge Symbolique Régionale Catalane. Le caractère républicain, fédéraliste, rationaliste et catalaniste de l'organisation est exposé sans équivoque dans la constitution d'août 1886 Élu Grand Maître de la nouvelle obédience avec une écrasante majorité, il va occuper ce poste jusqu'à sa mort. Il lie son engagement maçonnique à un militantisme décisif dans l'organisation et le maintien de la libre pensée en Catalogne. En 1885, il fonde ainsi le cercle La Luz, I' Union barcelonaise des libres penseurs, et dirige le journal La Luz (La Lumière). ll s'investit aussi dans le domaine éducatif en encourageant le Centre des amis de l'enseignement laïc qui est un organisme maçonnique regroupant une dizaine d'écoles laïques de Barcelone et des alentours

Ce philanthrope populaire donne à l'Ordre ses idées, son travail et son argent Sous sa direction et grâce à son soutien financier il publie en fascicules le Dictionnaire encyclopédique de la maçonnerie. réédité encore avec succès de nos jours, et le Bulletin de la Grande Loge Symbolique Régionale Catalane. En reconnaissance de ses mérites, il reçut de nombreux titres nominations et distinctions de différents organismes nationaux et internationaux et son image reste à jamais gravée dans la mémoire des rénovateurs illustres de la maçonnerie contemporaine.
La Catalogne a également continue à bénéficier de sa générosité après son décès car, accomplissant scrupuleusement ses volontés, ses exécuteurs testamentaires et ses héritiers ont achevé de construire la Casa Comùn et les écoles municipales de Das ont financé l'agrandissement de celles de Hospitalet de Llobregat et ont fonde la magnifique bibliothèque populaire de Barcelone qui, aujourd'hui, porte son nom.
P.A.
ASHMOLE,
Asmole.jpg - 40112,0 K Elias (Lichfield, 1617-1692)
Né d'un père sellier et d'une mère de petite noblesse qui a acquis une bonne culture religieuse, Ashmole suit des études secondaires dans l'un des rares lycées de l'époque et préfère entreprendre des études de droit plutôt que de devenir sellier comme son père. Lorsqu'il épouse Eléanor Manwarring (l638), sa situation financière n'est guère enviable. II commence une carrière juridique à la Cour des plaids communs en l640. En 1645, il entame des études de mathématiques, d'astronomie et d'astrologie à Brasenose College à l'université d'Oxford. De cette période date son intérêt pour l'astrologie, ce qui suscitait alors une certaine désapprobation de la part des autorités religieuses. La même année, il obtient un poste important dans la perception de l'accise pour la ville d'Oxford qu'il accepte surtout pour améliorer sa situation financière. En raison de ses sympathies royalistes, il est nomme contrôleur des arsenaux, alors même que Charles Ier est mis en difficulté. Les royalistes étant vaincus par Cromwell, Ashmole perd cet emploi mais est autorisé à vivre paisiblement loin du centre du pouvoir. II s'adonne alors à l'astrologie. Lorsqu'en l648 ses terres sont confisquées par les royalistes, il parvient à en reprendre possession grâces à l'appui de quelques amis parlementaires. à la Restauration il recouvre les faveurs du pouvoir et est nomme Héraut de Windsor office très prestigieux. Ashmole occupe la plus haute position du royaume dans l'octroi des armoiries. Après s'être intéressé à l'alchimie (il écrivit Theatrum Chemicum en l652), il devient un antiquarian, c'est â dire un historien de l'antiquité membre de la Royal Society et un spécialiste d'héraldique. II est également l'auteur de Institutions, Laws and Ceremonies of the Order of the Garter (l672) et de The Antiquities of Berkshire (l719)...
Asmole2.jpg - 39731,0 K C'est dans son journal intime, en l646, qu'Elias Ashmole mentionne son initiation en franc-maçonnerie. L'indication est très laconique: « J'ai été reçu maçon cet après-midi, à 4 h 30.» On sait en outre qu'il a rendu visite à une loge londonienne en 1682. Cependant l'appartenance d'Elias Ashmole à la franc-maçonnerie a fait couler beaucoup d'encre: à la fin du XVIIIe siècle, on a même écrit qu'il avait été Grand Maître des opératifs. Plus tard, on a dit qu'il avait appartenu à une société rosicrucienne, mais l'existence d'une telle société n'a jamais été prouvée pour cette époque. ll est probable, comme le signale Harry Carr en 1966 qu'Ashmole fut déçu par le symbolisme maçonnique et que les loges ne parvinrent pas à combler son engouement pour l'alchimie et l'astrologie. La seule influence significative de la maçonnerie sur les travaux d'Ashmole semble avoir été le choix du fil à plomb pour le blason de la Royal Society dont la conception lui avait été confiée.
Elias Ashmole à donné son nom au plus célèbre musée d'Oxford le premier musée public britannique l'Ashmolean Museum, fondé par l'université d'Oxford entre 1679 et 1683 pour abriter les collections qu'Ashmole lui avait léguées.
C. R.
ASSELINE,
Louis (Versailles, 1829-Paris 1878)
Louis Asseline qui a achevé ses études au lycée Charlemagne, puis pour suivi des études de droit, est reçu avocat en 1851. De 1851 à 1860, il vit tantôt à Bordeaux, tantôt à Montlieu (Charente inférieure) où son père possède une exploitation de pins résineux. De retour à Paris, il est engage par Louis Hachette et, à partir de 1863, il dirige le service de la publicité et de la presse de la célèbre librairie. En 1863, il collabore à La Reforme littéraire de Léon Laurent-Pichat. Deux ans plus tard, avec Albert Regnard et Onimus, il fonde la Revue encyclopédique, qui ne compte qu'un numéro; il est un conférencier remarque de la rue de la Paix. En 1866, il prononce une conférence qui fait quelque bruit sur « Diderot et le XIXe siècle». La même année, grâce à l'apport financier du pharmacien Louis Couderau, il peut fonder La Libre Pensée, qui disparaît au bout de quelques mois, ruinée par les amendes. En 1867, il lance La Pensée nouvelle, qui subsiste jusqu'en 1870, date à laquelle paraît une seconde Libre Pensée. Après la chute de l'Empire il participe au dépouillement des papiers du cabinet impérial. En 1870, il est élu maire du XlVe arrondissement, organise des distributions de lait, de pain et de viande pour les enfants les vieillards et les malades. Il se présente aux élections législatives de février 1871, auxquelles il échoue de peu. ll se retire à Montlieu revient à Paris à la fin du mois de mai et adhère à la Ligue des droits de Paris, qui entend se poser en organe de conciliation avant de se transformer en Cercle parisien des familles et de jouer le rôle d'un véritable comité électoral. En 1872, il collabore à La République française de Gambetta assurant la « Revue des sciences historiques ». En 1873 il milite ardemment pour l'élection de Barodet. L'année suivante, il siège au conseil municipal de Paris, parmi les élus radicaux. ll collabore au Rappel, dirige Le Musée universel.

Il est initié à la loge Les Amis de la Tolérance le 9 mai 1877 et devient compagnon et maître le 14 novembre de la même année. ll participe activement à la préparation du centenaire de Voltaire et collabore à la grande édition de Diderot par Assézat. ll meurt d'une attaque d'apoplexie le 6 avril 1878, à moins de 50 ans. Les obsèques civiles de Louis Asseline se déroulent au cimetière Montparnasse; I'assistance est considérable et plusieurs discours sont prononces au nom du conseil municipal, de la Société des Gens de lettres, des anciens rédacteurs de La Libre Pensée. L'adieu maçonnique est donné sur la tombe par le vénérable de sa loge. Au mois d'octobre 1880 une délégation maçonnique assiste à l'inauguration du monument élevé sur sa sépulture - pour lequel le conseil municipal de Paris vote une subvention de 3 000 francs et sur lequel sont gravés les trois points.
ASSOCIATION MAÇONNIQUE INTERNATIONALE:
voir RELATIONS INTERNATIONALES

AUTRICHE
La première loge de Vienne est constituée le 17 septembre 1742 au domicile du comte du Saint-Empire Albrecht Joseph Hodit. Né en Moravie (Rosswalde) en 1706 et marié à Sophie de Brandebourg-Bayreuth en 1734, il venait l'être reçu en 1742 à la loge Aux Trois Squelettes de Breslau à laquelle appartenait le comte de Schaffgotsch. Cette loge prend en novembre le titre distinctif Aux Trois Canons au sens maçonnique du mot, c'est-a-dire verre ou gobelet En moins de six mois elle reçoit 56 profanes en majorité originaires de la haute noblesse. Cependant Joseph Riga, un Juif, expert dans les langues orientales et directeur des finances du prince d'Ottingen Spielberg, est reçu le 20 janvier. La réception de 6 candidats, le 7 mars 1743, est interrompue par l'irruption de soldats envoyés par Marie Thérèse sans doute informée par les jésuites, et les objets rituels sont confisqués. L'incident est noté le jour même dans son journal par le surintendant de la cour Khevenhuller-Metsch et il est évoqué à la loge Saint-Georges de Hambourg, le 5 août. L'impératrice pardonne mais interdit les réunions maçonniques Elles continuèrent en secret, mais sans rituel. Les procès verbaux, rédiges en français inscrits dans un triangle au grade d'apprenti, et dans un carré à celui de maître. furent alors confiés à la loge Frédéric de Hanovre. Une seconde loge viennoise, Aux Trois Cœurs est créée par patente datée du 22e jour du 5e mois en L'année de la liberté 5754, délivrée par la même loge de Hanovre à l'un de ses membres danois, J.F.R. de Sporcke. Elle adopte pour ses membres des « noms de guerre » (Cléandre, Liberté, Xerxes ou Titus), c'est-a-dire des pseudonymes sous lesquels ils seront désignes dans tous ses documents écrits, ainsi que c'était alors l'usage depuis 1741 Aux Trois Glaives d'Or de Dresde et à la loge Saint-Martin de Copenhague depuis 1746. Ses travaux durèrent moins d'un an.
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Vers 1761, le comte Kufstein (ne en 1727), Grand Maître Provincial de la 8e Province Templière, fonde à Vienne la Loge der Freigebigen (des Hommes généreux), aussi dénommée Loge royale militaire sur laquelle il souche le chapitre de Sankt Polten (Saint-Hippolyte) qui ne se rattacha pas à la Stricte Observance. Entré en relation avec Kufstein, le baron de Weiler (1726-1775), qui disait avoir été armé Chevalier Templier par lord Raleigh à Rome vers 1743, reçoit durant son séjour à Vienne les grades de ce chapitre et peut-être aussi le titre de Prieur de la 8e Province. Weiler va ensuite à Dresde et devient un familier de von Hund qui le nomme visitator specialis pour la Préfecture de Dresde. C'est Weiler qui introduira la Stricte Observance en France en 1773. La même année deux membres du chapitre de Vienne sont reçus en visiteurs au chapitre de Genève.

 la mort de François Ier, le 18 août 1765 son fils aîné Joseph devient empereur d'Allemagne et partage le pouvoir avec Marie-Thérèse. Son attitude envers la franc-maçonnerie, empreinte de tolérance favorise l'éclosion de nouvelles loges: à l'Espérance en 1769 qui reçoit une patente de la loge Aux Trois Clefs de Ratisbonne le 7 mars 1771; Aux Trois Aigles relevant de la Stricte Observance, fondée le 30 décembre 1770 par le lieutenant-colonel Carl Friedrich von Schmidburg, Eq à anchora aurea; Aux Trois Soeurs fondée un an plus tard par le soyeux Bacciochi qui introduit également la Rose-Croix à Vienne.

Zinnendorf charge le chevalier danois Heinrich August von Sudthausen d'installer la loge L'Espérance qui avait demande de nouvelles constitutions à la Grande Loge Nationale de Berlin sous le nouveau titre à l'Espérance couronnée, et la loge Saint-Joseph. Sudthausen fonde une loge Provinciale d'Autriche dépendant de Berlin à la tête de laquelle il nomme le Grand Ecuyer de Joseph II Johann Carl, comte von Dietrichstein-Proskau (1728 1808). Initié à Naples , Dietrichstein s'était affilié à la loge Saint-Marin de Copenhague le 29 décembre 1756 lors de son ambassade au Danemark. Grâce à lui, Sudthausen obtient une audience auprès de Joseph II et lui remet une lettre de Zinnendorf à laquelle l'empereur répond le 26 mai 1776 avec la plus grande courtoisie mais en refusant d'accorder son protectorat à la franc-maçonnerie comme le lui avait demande Zinnendorf.

La plus célèbre loge de Vienne, à la Vraie Union, est fondée le 12 mars 1781 par 15 membres de la loge A l 'Espérance couronnée. Deux semaines plus tard, la loge Provinciale d'Autriche tombait sous le coup du décret rendu le 26 mars 1781 par Joseph II interdisant à tout ordre profane ou religieux de reconnaître une autorité étrangère et de lui adresser des fonds. Le 22 avril 1784 la Grande Loge Nationale d'Autriche est proclamée par les représentants de 45 loges des Provinces de l'Empire (les 17 loges des Pays-Bas autrichiens ayant choisi de conserver leur indépendance). Le Grand Maître Provincial Dietrichstein-Proskau devenait le premier Grand Maître de la Grande Loge Nationale avec pour Grand Secrétaire Ignaz von Born .

Le 11 décembre 1785 Joseph II fait publier son célèbre édit par lequel le nombre des loges est considérablement restreint et les jours de leurs réunions, obligatoirement notifiés à la police. Le 20 décembre, le Grand Maître annonce que les 8 loges de Vienne sont dissoutes et remplacées par 3 nouvelles loges auxquelles tous les frères doivent poser leur candidature en se soumettant à un nouveau ballottage et dont les vénérables seront nommes par la Grande Loge. Les loges provinciales sont également dissoutes et leurs loges placées directement sous l'autorité de la Grande Loge. En mai 1793 I'Empire ne comprenait plus que 9 loges, dont 2 à Vienne et 3 à Prague, et environ 600 membres. Au mois de décembre suivant, les loges de Vienne cessent leur activité.

Pendant le XIXe siècle, les tentatives de reconstitution de la franc-maçonnerie échouent alors qu'en Hongrie, où est installé un gouvernement distinct depuis février 1867, des loges autrichiennes frontalières sont créées en territoire hongrois La première, à la Fraternisation, est installé sous l'égide de la Grande Loge de Hambourg le 19 mars 1870 à Odenburg Parallèlement, ses membres créent à Vienne l'organisation apolitique Humanitas qui se transforme en mère loge à l'Orient de Neudorfl sous la protection de la Grande Loge de Hongrie fondée la même année et essaime pendant un demi-siècle. La franc-maçonnerie autrichienne ne reprend une existence officielle qu'en novembre 1918, avec l'abdication de l'empereur Charles et la fondation de la Grande Loge de Vienne le 8 décembre. Son premier Grand Maître, le Dr Richard Schlesinger, élu le 31 mai 1919, reste en fonction jusqu'à l'Anschluss.

Les tendances profondément humanitaires de la Grande Loge de Vienne amènent la rupture de ses relations avec la Grande Loge Nationale d'Allemagne en 1926, puis avec le Deutscher Grosslogen bund en 1931. Eugen Lennhoff, Grand Commandeur du Suprême Conseil d'Autriche installe le 25 octobre 1925 par les Suprêmes Conseils de France et des Pays Bas, apporte une aide inappréciable à Léo Muffelmann dans sa lutte contre le fascisme.

La Grande Loge de Vienne, que la Grande Loge Unie d'Angleterre n'avait reconnue qu'en 1930, reprend son activité le 28 juin 1945 en présence de 67 maçons et est à nouveau reconnue par Londres à l'automne 1952. Cofondatrice de la Convention de Luxembourg, signée le 15 mai 1954, elle adopte le nom de Grande Loge d'Autriche le 22 avril 1955 Son député Grand Maître Kurt Baresch prend une part importante aux contacts et aux négociations menées secrètement de mars 1968 à 1983 par des francs-maçons de langue allemande avec l'Eglise catholique romaine. A.B.
AVENIR (L')
(depuis 1863) Cette loge parisienne, fondée le 17 juillet 1863 reçoit l'année suivante Eugène Pelletan une des principales notabilités du parti républicain. Elle s'affirme alors comme loge politique avec la venue de jeunes étudiants qui vont fonder La Rive Gauche à Bruxelles ou qui ont participé au Congrès International de Liège. lls y ont fait profession d'athéisme. Parmi eux des futurs communards comme le blanquiste Emile Richard et Charles Longuet. Elle admet également Edouard Fribourg, un ouvrier graveur, correspondant parisien de l'lnternationale, l'homme de lettres François Xavier Trébois qui présidera le Comité des Écoles Laïques Libres de Paris et en 1868 Paul Lafargue. L'atelier à donc abrité les deux futurs gendres de Marx.
L'Avenir, en l'absence de son vénérable Eugène Pelletan, sous la pression de sa jeune garde, inscrit à l'ordre du jour de sa tenue du 26 juin 1866 une «Discussion du rapport de la commission chargée d'étudier les moyens les plus pratiques à propager les enterrements civils» pour les rendre praticables en maçonnerie. Par provocation, elle invite les loges à faire part de leurs observations. Elle leur fait savoir qu'elle à crée un Comité des libres-penseurs (libre pensée) dont les membres s'engagent à mourir en de hors de tout culte religieux. Comme il est interdit aux loges de communiquer entre elles et de se livrer à une controverse religieuse, l'atelier, à la demande de l'autorité civile, sera suspendu pendant six mois par le Conseil de l'Ordre. Ses éléments révolutionnaires quitteront ensuite, comme Lafargue, la maçonnerie ou se disperseront dans d'autres loges

Sous la Troisième République, elle réunit quelques parlementaires radicaux: Vergoin (exclu en tant que boulangiste), Pascal Duprat, Georges Vian et Pol Maunoury. A. C.