SEMBAT, Marcel
SERMENT
SERVANT
SIGNATURE
SIGNES
SILENCE
SITWELL, Norman Sisson Hurt
SOCIÉTÉ DE L'HARMONIE UNIVERSELLE
SOCIÉTÉ DES AMIS DES NOIRS
SOCIÉTÉ DES NATIONS
SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE DE MULHOUSE
SOCIÉTÉ OLYMPIQUE
SOCIÉTÉ PHILHARMONIQUE DE REIMS
SOCIÉTÉ THÉOSOPHIQUE
SOLEIL







SEMBAT, Marcel
S-021.JPG (36K) (Bonnières, 1862 Chamonix, 1922) Né d'Adolphe-Louis Sembat, directeur de la poste, conseiller municipal et sous-lieutenant des pompiers à Bonnières, et de Marie-Joséphine Boucher, fille du greffier de la justice de paix de la meme localité, Marcel Sembat commence ses études au collège de Mantes et les poursuit au collège Stanislas où li est interne. Après sa licence de droit li soutient son doctorat qui porte sur La réscision sur lésion, dans la vente en droit romain et en droit français (1884); avocat, il plaide peu. Au droit, il préfère le journalisme; il est chroniqueur judiciaire à La République française, contribue à fonder la Revue de l'évolution, collabore à la Revue de l'enseignement primaire aux Documents du progrès, au Petit Sou à La lanterne, à Paris-Journal. Il est membre de la Société républicaine d'économie sociale. Tout d'abord nourri de Renan, de Taine, de Darwin, de Spencer, il évolue vers le socialisme, acquiert La Petite République qu'il transforme en journal socialiste. Ses curiosités intellectuelles le poussent vers la médecine la physique ou la chimie, vers la philosophie, la psychologie ou les arts; il est passionné de littérature.

Il est initié en 1891 à la loge La Fidélité de Lille (Grande Loge de France*). En 1893, il est élu député du XVIII' arrondissement de Pans sous une étiquette socialiste. Le 19 octobre 1894, dans une interview publiée par Le Matin, il fait savoir qu'il est favorable à la constitution d'un groupe parlementaire socialiste international. Lié à Edouard Vaillant, il adhère au Comité révolutionnaire central en 1895, au Parti socialiste révolutionnaire en 1897. En février 1898 il rejoint le Grand Orient* et fait partie du groupe des fondateurs de la loge La Raison, qui se distingue par l'attention qu'elle porte aux questions sociales. Il est réélu député en 1898, porte peu d'intérêt à l'affaire Dreyfus*. Il estime que le dreyfusisme contribue « à ressusciter des gens qui étaient morts » et qui auraient bien dû rester au « pays des ombres »: parmi ces revenants figure Clemenceau, un Clemenceau « aigri et faisandé » par les années d'obscurité et de silence, que Sembat compare à un « singe espiègle et bouleverseur qui aime à casser et à détruire ». Il adhère cependant à la Ligue des Droits de l'Homme*. En 1899, Marcel Sembat est opposé à l'entrée de Millerand* dans le cabinet Waldeck-Rousseau. En 1902, étant candidat du Parti socialiste de France, qui réunit blanquistes et guesdistes, il est réélu député, l'est encore en 1906 et en 1910. Orateur à la dialectique subtile il sait faire preuve d'une ironie mordante et âpre qui lui aliène des sympathies « Ma façon puérile de blesser les gens en place m'a fait des hostilités aigues. Millerand et Caillaux sûrement Waldeck sans doute, me haïssent ». Il est favorable à l'unité de tous les socialistes et, celle-ci étant accomplie, il représente les socialistes parlementaires au conseil national de la S.F.I.O. Il collabore au Mouvement socialiste, à L'Humanité, dont il devient un des leaders (Compère Morel).

En mai 1 904, il participe à l'inauguration de la loge L'lnternationale de Paris et prononce une conférence intitulée « Nécessité absolue pour le maç.-. d'être socialiste ». Mais est-il un franc-maçon très actif ?

Le 24 septembre 1906 le vénérable de la loge La Raison lui ayant demandé d'être délégué au Conseil de l'Ordre il accepte tout en se demandant si le convent l'admettra alors qu'il est « si mal en règle »; puis il consigne dans son journal: « Je suis admis, il paraît que j'étais maître depuis 1892 ! » Étrange maçon en vérité ! Il est vrai qu'il prend plaisir à « se calomnier » pour se procurer « une illusoire garantie de vérité ». Au mois de novembre 1906, au congrès socialiste de Limoges, il « roule des yeux féroces » à tous ceux qui veulent exclure les francs-maçons et ignore Guesde, Delory, Bracke, Ghesquière. En 1907, il note qu'il « ne compte pas du tout sur la franc-maçonnerie pour faire la révolution sociale ni opérer une transformation » il lui assigne une fonction d'éducation, d'émancipation intellectuelle, attend qu'elle organise « des fêtes laïques, des cérémonies civiles, et qu'elle lutte contre les Églises ». Il espérait que des fêtes nouvelles pourraient se substituer aux cérémonies religieuses et qu'on pourrait leur insuffler un enthousiasme propre « à envahir l'âme sans prendre la forme divine ». En 1908, il défend Victor Méric, poursuivi pour outrage à l'armée de même que le dessinateur Aristide Delannoy après la publication du no 12 des Hommes du jour consacré au général d'Amade et à la campagne marocaine; sa plaidoirie prend la forme d'une « philippique impitoyable » contre Clemenceau (V. Méric).

En 1913, apparaît à Paris un Comité central des fêtes et cérémonies civiles dont il partage la vice-présidence avec André Lebey. Ayant sur l'anticléricalisme des idées très différentes de celles de Guesde il adhère à l'Association nationale des libres penseurs de France, dont il est vice président de 1908 à 1912. Il est élu vice président du Conseil de l'Ordre en 1910 et en 1912; au convent de septembre 1912, il prononce un discours sur le collectivisme et secoue « les petits avocats, radicaillons, comme ils le méritaient c'est-à-dire peu fraternellement ». À Lyon en 1912 au congrès de la S.F.I.O., l'hostilité à la franc-maçonnerie resurgit avec une certaine virulence; à Bracke, représentant le courant anti maçonnique, s'opposent Marcel Sembat, le Dr Mesiier et Arthur Groussier*. « Révolutionnaire en art comme en politique » (V. Méric), Marcel Sembat prend la défense des cubistes à la Chambre le 3 décembre 1912. Il est hostile à la loi militaire des trois ans en 1913, il publie un ouvrage dont le titre étrange-Faites un roi, sinon faites la paix- abuse certains. Il s'y dit convaincu que la guerre va de pair avec la monarchie tandis que la République, elle, doit être pacifique; d'après lui, la marche vers la constitution d'« organismes supérieurs », autrefois entamée grâce au principe des nationalités, doit se poursuivre jusqu'à la formation d'une confédération européenne, avec le concours indispensable de l'internationale ouvrière. Il est membre de la Ligue franco-allemande, à laquelle appartiennent aussi, du coté français, Anatole France, Maurice Bouchor Camille Flammarion, Octave Mirbeau, Albert Thomas. Cependant, réélu député en }914, il se rallie à l'Union Sacrée*.

Il est ministre des Travaux publics du 26 août 1914 au 12 décembre 1916 et appelle Léon Blum comme directeur de cabinet, Les deux hommes collaborent parfaitement pendant toute la durée des fonctions ministérielles de Marcel Sembat, que certains-Clemenceau entre autres-taxent d'incompétence et de nonchalance. Le difficile approvisionnement de Paris en charbon et le froid dont souffrent les Parisiens donnent naissance à un jeu de mots cruel: « Marcel s'en bat l'oeil». Après la guerre, Marcel Sembat apparaît « amenuisé ». Il est réélu député en 1919, mais la Chambre ne retrouve pas le brillant orateur d'avant-guerre. Il souffre d'une douloureuse maladie des yeux mais donne des articles au Populaire, projette un livre sur l'état de l'Europe. Partisan de la Société des Nations* et d'une politique internationale fondée sur le droit et non sur la force, il estime que les traités de paix doivent être révisés et que l'armée française doit quitter la Rhénanie: y faire stationner des troupes sénégalaises lui semble relever de la plus haute provocation. Il demeure favorable à une organisation fédérative du vieux continent, en particulier de la région danubienne. A Tours il tente vainement de convaincre les partisans de la IIIe Internationale de préserver l'unité du parti. Le 26 décembre, il prononce un grand discours pour exprimer ses craintes et ses doutes. L'orientation adoptée par les « moscoutistes » lui semble de nature à donner des armes à un patronat et à un gouvernement réactionnaires; il estime que le mouvement ouvrier français est plus proche du mouvement ouvrier anglais que du mouvement ouvrier russe, car, pour lui, « Moscou, c'est la résultante de tout un ensemble de conditions spéciales à la Russie !». La rupture le laisse inconsolable il assimile le congrès de Tours à un « deuxième assassinat de Jaurès ». Il est toujours grand amateur de peinture et en 1920, publie chez Gallimard une petite étude sur Matisse. Les 5 et 6 septembre 1922, se déroule à Chamonix, où les Sembat possèdent une maison, « une atroce et sublime tragédie » (L. Blum); Marcel Sembat meurt d'une hémorragie cérébrale et, refusant de lui survivre, sa femme se donne la mort, regrettant « les douze heures de retard » prises sur son époux. Les corps sont ramenés à Bonnières où les obsèques civiles sont célébrées en présence d'une très nombreuse assistance comprenant diverses délégations. Jusqu'en 1939, une cérémonie commémorative annuelle se déroule au cimetière de Bonnières.
J. L.


SERMENT
Les plus anciennes instructions manuscrites connues ont en commun avec les rituels maçonniques contemporains, la prestation d'un serment incluant l'obligation de garder secrètes les circonstances de l'admission dans la loge, accompagnée de l'interdiction formelle de reproduire celles-ci par la parole et par tout autre moyen: « Après qu'il a promis le secret, ils lui font prêter le serment (oath) comme suit: «Par Dieu lui-meme et vous en répondrez à Dieu lorsque vous vous tiendrez nu devant lui au jugement dernier vous ne révélerez aucune partie de ce que vous allez entendre ou voir maintenant, ni en paroles ni par écrit, ni ne le tracerez en aucune occasion, ni le dessinerez avec la pointe d'une épée ou aucun autre instrument sur le. sable ou dans la neige, ni en parlerez sinon avec un maçon entré que Dieu vous soit en aide." » (Edinburgh Register House MS 1696).

Le mot « serment » se trouve dans la Réception d'un frey-maçon, publiée par Hérault à Paris en décembre 1737. Le mot anglais obligation au lieu de oath apparaît dans le manuscrit Wilkinson, Prichard écrit « obligation (or Oath) » dans Masonry Dissected en 1730. Le mot français « obligation » apparaît en 1751 dans Le Maçon démasqué.

Le serment est prêté « devant Dieu » dans le Catéchisme des franc-maçons (1744) et dans L'Ordre des francs-maçons trahi (1745)"« devant le Grand Architecte de l'Univers*, qui est Dieu » dans Le Sceau rompu (1745), La Désolation des entrepreneurs modernes du temple de Jérusalem (1747) et le Nouveau Catéchisme (1749). L'obligation est prêtée « à la face du Grand Architecte de l'Univers, qui est Dieu » dans Le Maçon démasqué (1751), « devant le Grand Architecte de l'Univers (qui est Dieu)» dans le « protocole » (ou la « Formule ») d'initiation* approuvé par le Grand Orient de France* en janvier 1786, « devant le Grand Architecte de l'Univers de l'univers » dans Le Régulateur du maçon de 1801.

Le serment est prêté « la main sur l'Évangile » d,ans le Catéchisme, la main droite " sur l'Evangile [selon saint Jean] » dans la Réception, L'Ordre des francs-maçons trahi, la Désolation et le Nouveau Catéchisme, « sur la Bible " dans Le Sceau rompu. L'obligation est prêtée la main droite-posée « sur deux épées croisées, sous les qu'elles étoit le livre des écritures saintes ouvert à l'endroit de l'Évangile selon St jean » dans Démasqué, « sur les statuts généraux de l'Ordre, et sur ce glaive, symbole de l'honneur » dans le « protocole » de janvier 1786 et dans Le Régulateur du maçon de 1801.
A. B.


SERVANT
voir Frère Servant

S-022.JPG (344K)
SIGNATURE
La signature maçonnique type au XVIIIe siècle se présente sous la forme de trois points alignés encadrés par deux traits parallèles. Il est attesté que cette signature n'est pas une exclusivité maçonnique. En effet, comme le rappel le Maurice Agulhon, qui renvoie aux Fils de la lumière (R. Peyrefitte), les trois points signifiaient Jésus-Marie-Joseph ou la Très Sainte Trinité dans certains ordres religieux. Dans ces conditions, il est hasardeux de dresser des listes de francs-maçons à partir de signatures. La thèse de Michel Taillefer, selon laquelle l'augmentation des « signatures d'apparence maçonnique » relevée dans les registres de catholicité à partir de la fin des années 1760 après une timide apparition dans les années 1750, « témoigne sans doute du prestige dont la franc-maçonnerie* jouissait auprès de couches sociales auxquelles l'accès des loges* était pourtant pratiquement fermé » (artisans et petites gens), ne paraît guère devoir emporter la conviction. Ajoutons que les titulaires de hauts grades* agrémentent leur signature de magnifiques symboles maçonniques stylisés.
P.-Y. B.


SIGNES
S-023.JPG (178K) « Objet matériel simple qui, par rapport naturel ou par convention est pris, dans une société donnée, pour tenir lieu d'une réalité complexe. » Cette définition courante donnée au signe s'adapte parfaitement au sens qu'il revêt en maçonnerie tant la notion est polysémique et interprétative.

Le premier type de signe auquel on pense s'agissant de la franc-maçonnerie est le signe de reconnaissance qui permet aux maçons de se distinguer entre eux. Les uns sont internes au temple*. Attachés aux trois grades* symboliques, ce sont les signes d'Ordre. Mentionnés au moment de la publication des Constitutions* dans A Masons Examination (1723), ils sont l'objet en 1745 d'une description détaillée dans la copie de la célèbre divulgation de l'abbé Pérau. Malgré les adaptations proposées par les différents rites* et les évolutions ultérieures, le cadre général auquel ils obéissent est fixé. Ils se pratiquent tous avec la main, que l'on porte au niveau de la gorge (au grade d'apprenti), du cœur (compagnon) et de l'abdomen (maître). Plus que le geste à accomplir, la descente selon la hiérarchie des grades interroge et est source de multiples interprétations. Symbolisant l'emprise du spirituel sur le matériel selon J. Boucher, il représenterait selon Roger Luc Mary, en raison des correspondances zodiacales induites par les parties du corps concernées (le signe du Taureau pour la gorge le Cancer pour le pectoral 7 et la Balance pour l'abdomen), de manière symbolique et a contrario des apparences, un mouvement initiatique de remontée correspondant aux épreuves initiatiques subies par l'initié dans le cabinet de réflexion* et dont on sait qu'elles renvoient aux quatre éléments. Le récipiendaire subit en effet successivement les épreuves de la Terre (correspondance au Taureau), puis les épreuves de l'Eau (correspondance du Cancer) et celles de l'Air (correspondance de la Balance). Cette interprétation insère dans son ensemble un quatrième signe que l'auteur accole aux ultimes épreuves du Feu. Il s'agit du « signe d'horreur ", pratiqué au grade de maître, qui évoque le mythe d'Hiram*. Correspondant à la tête, il achève le mouvement ascendant.

Face aux interprétations, la fonction concrète est de donner à un membre isolé la faculté de légitimer son appartenance au groupe des francs-maçons. La preuve en est fournie par le fait que, le destinataire ayant répondu, l'émetteur confirme le lien opéré par ce que l'on nomme l'attouchement. Ainsi, au grade d'apprenti, l'attouchement se fait par l'application du pouce droit sur l'index en réponse au signe dudit grade.

Hors du temple, parmi les signes censés porter la reconnaissance entre les maçons, on doit signaler le célèbre signe de détresse. En 1843, l'historien Bègue-Clavel le popularise en publiant la célèbre gravure du capitaine américain Mac Kinsty attaché à un arbre par les Iroquois et échappant à une mort certaine en l'esquissant. Les mains jointes ouvertes audessus de la tête, il se signale ainsi à Brandt un chef indien élevé et initié en Angleterre qui, l'ayant reconnu, l'épargne. Les guerres impériales seront l'occasion de vanter ces gestes salutaires qui se seraient multipliés sur les champs de bataille de léna à Waterloo. Le signe de détresse le plus célèbre reste pourtant ce lui qu'aurait fait le frère Brisson* lors de la présentation houleuse de son ministère en juin 1900 et dont on ne sait s'il est vun mythe ou une réalité.






S-024.JPG (194K)
A côté des signes de reconnaissance deux autres catégories de signes méritent d'être mentionnés: les signes dits de Foi e,t de Fidélité. Les premiers, faits au Rite Écossais pendant l'invocation, signifient la croyance en un Dieu révélé alors que les seconds témoignent de l'engagement maçonnique, notamment durant le moment où le nouvel initié prête ses obligations. La dimension symbolique et interprétative reste forte: selon Jean L'homme, le signe de Foi, fait avec la main étendue sur le cœur le pouce caché, revêt un aspect «interne » car !e pouce est tourné vers l'intérieur alors que le signe de Fidélité, la main droite étendue et le pouce en équerre* mais visible, a une fonction d'extériorisation.
E. S.
















S-025.JPG (145K) SILENCE
Le silence peut être absence ou oubli. Dans de nombreuses religions tout comme dans les traditions mystiques le silence offre un moment exceptionnel qui favorise le recueillement, la quête spirituelle et la communion avec le divin. Les voies initiatiques ont également privilégié la recherche et la maîtrise du silence. Dans la franc-maçonnerie*, on rencontre le silence à divers stades de l'initiation* et dans le déroulement même des cérémonies. Lors de son initiation le candidat est abandonné dans la solitude et dans la pénombre du cabinet de réflexion* décoré d'objets symboliques. Tout l'invite ici à la méditation morale et métaphysique. Isolé dans cette petite pièce, le candidat opère un ultime examen des raisons intimes ou obscures qui l'ont conduit vers la franc-maçonnerie. Après avoir été reçu franc-maçon, il prête serment* et s'engage à « respecter la loi du silence ». Le frère est invité à se montrer discret sur ce qu'il a vu et vécu non pour dissimuler de terribles secrets* ou de redoutables mystères, mais pour souligner le caractère éminemment subjectif de l'initiation et de l'expérience maçonnique: les mots qui la traduisent la trahissent aussi. On ne saurait confondre cette « loi » avec une quelconque omerta mafieuse. C'est dans ce même esprit que le vénérable* invite les francs-maçons à se séparer, à la fin de la tenue* « en promettant de respecter la loi du silence ».

Durant tout son temps d'apprenti*, le franc-maçon est contraint de garder silence. dans la loge* même . il lui est interdit d intervenir, de prendre la parole lors des discussions, si ce n'est pour des « planches » d'apprentis, c'est-à-dire des exposés qui lui sont confiés. L'apprenti observe, écoute et tente de comprendre, avec l'aide du second surveillant, la signification des gestes, mots et symboles. Ce silence constitue donc une richesse pour celui qui parvient à en explorer les voies. Il favorise la réflexion, permet la recherche introspective et il constitue une éducation à la maîtrise des mouvements d'humeur les plus impulsifs. Il n'est pas absence mais moment privilégié de la présence à soi, dans l'accueil de la parole de l'autre.
Vl. B.


SITWELL, Norman Sisson Hurt
{Dublin, 1876-Arcachon, 1931) I1 est le fondateur de la première loge de recherches en France.

Capitaine d'artillerie dans l'armée des Indes, initié le 11 mars 1904 dans la Sandeman Lodge n° 1374 de Dum-Dum, près de Calcutta, Sitwell en est élu vénérable* en 1909, après avoir été exalté à l'Arche Royale au Chapter of Hope n° 109 de Calcutta en 1906.11 devient membre du Correspondence Circle de la loge Quatuor Coronati n° 2076 en octobre 1910. Promu major à Bombay en 1917 il retourne à Calcutta en 1919 et s'affilie à la loge Star of the East n° 67. Il quitte alors les Indes* pour venir habiter Paris et devient membre de la Grande Loge Nationale Indépendante et Régulière, établie le 5 novembre 1913, où il fonde la loge de recherches Saint-Claudius no 21 en octobre 1925. Il en est le premier vénérable maître, il conserve durant trois ans cette fonction, est réélu le 7 mai 1929, et meurt deux ans plus tard.

De 1926 à 1934, Saint-Claudius n° 21 publie chaque année un Compte rendu, qui reproduit le texte de certaines conférences prononcées en loge et différentes études. Le dixième et dernier cahier, paru en 1938, couvre les années 1934-1937. La Grande Loge Nationale Indépendante et Régulière étant presque exclusivement composée de maçons britanniques sans contact aucun avec les membres des autres obédiences* françaises, et les articles parus dans les Compte rendu, à l'exception des communications présentées par Nicolas Choumitzky, étant rédigés en anglais, ses travaux restent quasiment ignorés des maçons français. Dans le Compte rendu de 1927-1928, Sitwell publie des procès-verbaux inédits de L'Anglaise n° 204 et exprime sa gratitude envers trois frères, Sharp, Renou et Graton, pour l'avoir autorisé à faire état de ces documents. L'Anglaise, la plus ancienne des loges françaises de province, possédait des archives* d'une richesse extraordinaire remontant à sa fondation, le 27 avril 1732 à Bordeaux*. Rattachée au Grand Orient de France* en 1780, elle a été, en décembre 1913, la première loge à se joindre à la Grande Loge Nationale Indépendante et Régulière. Les remerciements que Sitwell adresse à ces frères s'expliquent mal, car en 1927-1928, ils ne font plus partie de L'Anglaise, qui a quitté la Grande Loge Nationale Indépendante et Régulière depuis cinq ans et s'est rattachée à la Grande Loge de France* le Il novembre 1923. Graton était vénérable maître de L'Anglaise en 1921. Renou, secrétaire de L'Anglaise reste à la Grande Loge Nationale Indépendante et Régulière où, le 20 mars 1926, il fonde Burdigala n° 22 dont il est le premier vénérable maître avec Alfred Irwin Sharp (18771959) comme secrétaire.

Dignitaire de la Grande Loge Nationale Indépendante et Régulière, Sharp a assisté à l'installation de Saint-Claudius n° 21 en octobre 1925. Son nom apparaît lorsque Sitwell présente Some Mid-Eighteenth Centurv French Manuscripts à Londres le 6 mai 1927 devant la loge Quatuor Coronati. Publiée l'année suivante dans le volume 40 d'Ars Quatuor Coronatorum, elle compte 20 pages d'annexes où sont reproduits des documents français inédits d'un prodigieux intérêt. Ces documents, indique Sitwell, ont une double origine Ia « collection du frère Sharp, de Bordeaux » et les « archives de la Grande Loge d'Ukraine » se trouvant en possession d'un Russe blanc, maçon émigré en France après la Révolution de 1917, Nicolas Choumitzky. Pour expliquer être détenteur de ces documents, Choumitzky prétend qu'une partie des archives du Grand Orient aurait été confiée à des maçons russes au moment de la Terreur, que ceux-ci les auraient remises à une Grande Loge d'Ukraine à laquelle il appartenait et qu'il les aurait rapportées en France au moment où les bolchevistes occupèrent son pays. Affilié au Centre des Amis n° 1 de la Gran de Loge Nationale Indépendante et Régulière, puis à Saint-Claudius n° 21 en février 1926, Choumitzky publie 5 lettres d'Estienne Morin* dans le Compte rendu de 1927-1928. Pour avoir adressé aux autorités nazies pendant la Seconde Guerre mondiale des lettres compromettantes dont l'existence est révélée en août 1948, Choumitzky est radié un an plus tard des obédiences françaises et suisses auxquelles il appartenait. Il sera réintégré en 1968 et promu Grand Officier d'honneur de la Grande Loge Nationale Française* par ordonnance du 25 janvier 1969, signée du Grand Maître Van Hecke.

Quant à la «collection du frère Sharp de Bordeaux» son détenteur l'emmène en Angleterre en 1940 et la vend en 1952 à des membres de l'History Committee de la Juridiction Nord du Suprême Conseil des États Unis. lls se trouvent depuis dans les archives de cette juridiction à Lexington (Mass.) sous le nom, devenu célèbre, de « Documents Sharp ».

Sitwell eut le mérite de reconnaître l'intérét incomparable des archives de Bordeaux. Il les analysa dans de nombreux articles restés inédits et retrouvés en 1969 dans les archives de la Grande Loge Unie d'Angleterre*. Seule son étude The Marquis de Vignolles and the Provincial Grand Lodge for Foreign Countries, fut publiée à titre posthume en 1939 dans le volume 49 d'Ars Quatuor Coronatorum.
A. B.


SOCIÉTÉ DE L'HARMONIE UNIVERSELLE
: voir Mesmérisme


SOCIÉTÉ DES AMIS DES NOIRS
S-027.JPG (106K) S-026.JPG (46K) Dés 1787, la Société gallo-américaine créée à Paris par Brissot et Clavière, proposait, suivant l'exemple américa,in de la Déclaration des Droits par les États du nord de l'Union, de refuser l'esclavage; au même moment un groupe anglais fondait à Londres la Société des Amis des Noirs (Granville Sharp, Wilberforce, T.
Clarkson, James Philips).
En novembre 1787, Brissot, alors à Londres entra en relation avec elle et décida, en accord avec ses membres, de créer une société identique à Paris.
La Société française des Amis des Noirs fut fondée le 19 février 1788 par Brissot et Clavière auxquels s'associèrent Condorcet*, La Fayette*, Carra, Bergasse Mirabeau*-qui, à l'exception de Condorcet et de Carra dont l'appartenance maçonnique n'a pas été formellement établie, étaient tous membres des loges*.
Le Règlement de la Société fut rédigé par Condorcet, un comité était composé de 20 membres élus, le président étant Clavière.
Les statuts de la société définissaient ses objectifs- l'abolition de la traite-, mais ne se prononçaient pas sur le sort des esclaves, estimant que sa suppression entraînerait à terme la disparition de l'esclavage.
En outre, la société cherchant à s'entourer de toutes les Lumières*, ne demandait pas la suppression violente et immédiate de l'esclavage, mais voulait mettre tous ses soins à trouver une solution équitable en ménageant les intérêts des colons et les exigences des philosophes.
La société admettait en son sein des femmes* et des étrangers*; elle se concevait comme la branche française d'une organisation plus vaste, représentée en Angleterre et aux États-Unis, et dont les membres étaient admis de droit dans celle de Paris Cette volonté internationale constitue un des traits spécifiques de l'organisation .
Seuls les membres du bureau étaient distingués dans le protocole des assemblées générales: tous les autres membres étaient indifférenciés, quel qu'ait été leur rang social.
La volonté égalitaire est un trait maçonnique qui s'explique par la présence de nombreux maçons dans les rangs de l'association.
Les différentes listes conservées montrent que la Société des Amis des Noirs recrutait dans les mêmes milieux que la maçonnerie (parmi les 140 noms connus figurent 11 membres des cours souveraines, 26 fermiers généraux et gens de finance, mais aussi des abbés, des femmes du monde comme les épouses respectives de Clavière et de La Favette).

Cependant, avec la Révolution, des clivages apparurent, et plusieurs de ses membres, dont les frères Bergasse et Adrien Duport, s'en éloignèrent; le nouveau groupe, autour de Brissot, s'adjoignit Pétion, Buzot Gregoire sous la Constituante, et à partir d'octobre 1791, les « girondins » Vergniaud, Guadet, Gensonné, Ducos, Boyer-Fonfrède. L'action de la Société des Amis des Noirs fut avant la Révolution essentiellement pédagogique: il s'agissait d'informer le public des réalités de l'esclavage mais aussi les bénéficiaires du commerce triangulaire que l'esclave était économiquement moins viable que le travailleur libre, l'un des arguments consistant à montrer que la traite ne se maintenait que grâce aux primes versées par le gouvernement. Avec la Révolution, disposant d'une tribune à l'Assemblée, et la liberté de la presse ayant été établie, la société s'employa à obtenir la suppression de la traite et, en vertu de la continuité législative existant entre la métropole et ses colonies, elle chercha à contrecarrer la volonté d'autonomie des colons blancs. Concrètement le combat aboutit, après d'âpres discussions au texte du 15 mai 1795 (annulé le 24 septembre suivant) qui accordait aux mulâtres libres l'égalité des droits avec les Blancs. Les principaux opposants s'étaient regroupés autour du Comité colonial (créé le 2 mars 1790) et du Club de l'Hôtel Massiac dont Barnave, Moreau de Saint-Méry (qui sera vénérable* de la loge des Neuf Sœurs* après la Révolution) et Malouet furent les porte-parole efficaces.
Ch. P.


SOCIÉTÉ DES NATIONS
S-028.JPG (281K) L'idée d'une organisation internationale avait rencontré un écho favorable, notamment au sein des obédiences* françaises. Ainsi en janvier 1917 lors d'une conférence internationale de diverses obédiences de pays alliés, Charles Richet prononce un vibrant appel pour la création d'une Société des Nations et, durant le congrès des maçonneries des nations alliées et neutres tenu à Paris les 28 29 et 30 juin 1917, l'idée apparaît toujours aussi séduisante. Georges Corneau, président du Conseil de l'Ordre* du Grand Orient de France* déclare: « i1 est donc indispensable de créer une autorité supranationale qui aura pour but non de supprimer les causes des conflits mais de résoudre pacifiquement les différends entre les nations. La franc-maçonnerie se propose d'étudier ce nouvel organisme: la Société des Nations. Elle sera l'agent de propagande de cette conception de la paix et de bonheurs universels. »

L'idée semble prendre force et vigueur lorsqu'elle est reprise, en janvier 1918 par le président des États-Unis*, W. Wilson, dans ses « Quatorze Points ». De nombreuses loges* élaborent divers projets et résolutions en faveur de la future société mondiale.

L'institution, sise à Genève, naît officiellement le 10 janvier 1920, lors de l'entrée en vigueur du traité de Versailles. Elle compte alors 42 États fondateurs dans lesquels la franc-maçonnerie est partout présente, au moins par des loges coloniales ou étrangères comme en Iran* ou au Siam. Mais l'état le plus « maçonnisé de la planète » les États Unis, n'en fait pas partie.

Une Fédération internationale maçonnique pour la Société des Nations (dont l'activité demeure modeste) est fondée notamment par Léon Accambray, député de l'Aisne, Bernard Wellhoff, plusieurs fois Grand Maître de la Grande Loge de France*, et par le ministre portugais Da Costa.
La fondation de I Association Maçonnique Internationale, correspond en partie aux veux de nombreux maçons d'avoir un instrument d intervention auprès de ladite Société. Dès 1920, le Convent* de la Grande Loge avait exprimé le souhait d'une évolution démocratique de la charte de la Société des Nations. Deux ans plus tard la même obédience souhaite la création d'une force internationale susceptible de faire exécuter les décisions de la S.D.N. En 1924 est créée -notamment par des frères de la rue de Puteaux-L'Union Populaire pour la Paix Universelle présidée par Louis Doignon, futur Grand Maître de la Grande Loge de France. La meme année, à l'assemblée générale du Grand Orient, un vœu est adopté à l'unanimité: « La Société des Nations, née comme tout ce qui est humain, comme tout ce qui est terrestre, dans la souffrance doit être entourée de vigilante affection afin qu'elle grandisse et devienne bientôt la véritable, la grande, la belle Société des peuples appelée de tous nos veux, »

L'admission de l'Allemagne et de l'U.R.S.S. est également souhaitée. La Société est l'objet d'une question annuelle en 19241925 au sein du Grand Orient. Un vœu en six points favorable notamment au renforcement de la représentation politique et à l'utilisation des forces armées nationales par la S. D.N. est adopté à l'unanimité.

Au Convent de 1928, à propos de la question A relative à la guerre la Société des Nations apparaît encore comme un des moyens pour prévenir les conflits et on propose à cette fin l'élaboration d'un « Droit des Nations » avec notamment un Code pénal international, la création d'un « organe législatif: le Sénat des Nations» l'organisation d'un Tribunal international pour « juger les différends entre nations » et d'une Cour d'assises internationale « pour juger et punir les fauteurs de troubles» la mise en place d'un ministère de la Paix et d'un ministère de la Police Mondiale la formation de « comités techniques internationaux » pour « régulariser la production» d'une banque internationale et d'une monnaie mondiale unique.

Plus téméraire la Grande Loge se prononce pour l'admission au sein de la S.D.N. des peuples sous mandat. Le rapprochement maçonnique franco allemand se manifeste dans les 8e (mai 1928) et 9e (mai 1929) rencontres de Verdun et de Mannheim.

À la fin des années 1920, la S.D.N. semble avoir atteint son point d'équilibre. Les conséquences mondiales de la crise américaine de 1929, le conflit sino-japonais et la montée des fascismes en Europe transforment la donne.
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Néanmoins, dans les années 1930, les espoirs pacifistes de la majorité des maçons sont toujours mis dans la Société des Nations. En 1933, le Grand Orient demande au gouvernement français qu'un désarmement général sous l'égide de la S.D.N. soit organisé. La réforme de ladite Société est la question 2 soumise à l'étude des loges de la Grande Loge pour l'année 1936-1937. Les ateliers Fidélité (Grande Loge de France) et Les Droits de l'Homme (Grand Orient de France) organisent avec Fraternité-Réconciliation, le groupe maçonnique pour la S.D.N., des tenues* blanches mensuelles, notamment en février 1937, avec Paul-Boncour et Victor Basch, en mars avec Léon Jouhaux en mai avec l'écrivain Jean Cassou. Le courant pacifiste reste majoritaire au sein des obédiences à l'image du Convent de septembre 1938 du Grand Orient: « La guerre ne résout rien [...] la guerre n'est pas fatale [...]. La Société des Nations, viciée dans son principe, parce qu'elle avait pour mission de faire assurer le respect de traités pour partie critiquables, affaiblie dans son action par le retrait de quelques-unes des plus grandes puissances et l'absence de la démocratie nordaméricaine, ne peut actuellement jouer un rôle essentiel [mais] l'idée de l'organisation internationale et mondiale de la paix ne doit pas être abandonnée [...], il est nécessaire que la S.D.N. subisse une transformation profonde afin de jouer le rôle auquel elle était destinée. »

Ce n'est que lorsque l'échec des accords de Munich devient patent que les maçons se tournent vers la force sécurisante du frère Roosevelt*. L'opinion publique se rassemble autour du gouvernement Daladier-Reynaud et globalement les obédiences en font de meme. Dans la partie de la gauche et de l'ultra-gauche qui met la paix au-dessus de tout figurent toutefois de nombreux maçons.

En 1938-1939 sœurs et frères ont oublié la S.D.N. pour l'aide urgente à apporter aux maçons allemands, autrichiens, tchécoslovaques et espagnols. L'échec de la S.D.N. sur le plan politique est indéniable et certains frères portent un regard sévère sur l'impuissance de l'institution maçonnique à infléchir le cours des choses.

«La Société des Nations ! La franc-maçonnerie se devait d'accueillir et de faire sienne cette idée généreuse. Quand on fera un jour l'étude philosophique des efforts politiques de notre institution, on reconnaîtra que, contrairement à la croyance de ses ennemis qui lui prêtent une mentalité pratique elle aura témoigné à travers les âges du plus noble donquichottisme. [...] Nous lui reprocherons seulement-encore une fois !-de partir toujours à la découverte de la Terre Promise avec des armes et des ustensiles de pacotille aussi éclatants que peu solides » (Albert Lantoine). Il est vrai que la Cité future ne se fait pas en un jour.
Y. H.M.


SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE DE MULHOUSE
Fondée le 24 décembre 1825 par des industriels épris de progrés technologique et social cette société compte parmi ses 25 membres fondateurs, 12 francs maçons appartenant à La Parfaite Harmonie de Mulhouse, une loge* de fabricants et de négociants créée en 1809. En outre des membres de la La Parfaite Harmonie intégrèrent la Société industrielle après sa création et, au total, 15 frères participent aux tout premiers travaux de cette association.

Le projet de constitution d'une société industrielle fut proposé à La Parfaite Harmonie dès 1812. Son initiateur est Godefroi Engelmann, lithographie de renom qui, à partir de 1821, travaille dans son atelier parisien. Il ne s'agit pas de créer une société savante ou une académie* de notables, mais une de ces associations fraternelles que Saint-Simon* appelait de ses vœux, rassemblant savants et producteurs attachés au progrès et à la modernité. La création de la Societé Industrielle prend place dans la série des œuvres philanthropiques de la loge car en 1819 les maçons réfléchissaient à la création d'un établissement d'enseignement mutuel et, la meme année, était constitué un comité pour mettre en place un « enseignement mutualiste pour les enfants ouvriers ». En 1826, la loge charge également une commission de travailler sur un projet de caisse d'épargne pour ouvriers

La Société Industrielle vise à s'informer sur les avancées technologiques mais aussi à travailler à l'amélioration de la condition ouvrière. Les membres de la société sont des patrons protestants libéraux qui croient en un équilibre entre les classes. L'œuvre est à la fois morale et sociale et vise à lutter pour l'instruction des laborieux: on y retrouve dans son programme, les principes soutenus et concrétisés par la plupart des francs-maçons français à partir de la monarchie libérale. La défense d'une organisation mutualiste est aussi pour les industriels francs-maçons de Mulhouse un moyen de travailler à la cohésion sociale.

Longtemps, la société a méconnu l'influence du rayonnement maçonnique dont elle a bénéficié. Dans les notices nécrologiques des membres fondateurs de l'association, rien ne laisse apparaître les liens qui les unirent avec la franc-maçonnerie*. Ce sont des allusions qui permettent de faire le lien avec la maçonnerie. Ce silence est peu surprenant car dès lors que ce type de société devient autonome, la rupture avec le groupe originel est inévitable. L'exemple havrais de la Société d'études diverses, fondée en 1833 par un groupe de maçons et rapidement émancipée de celui-ci, le prouve également. Pourtant, dans le cas de l'association mulhousienne, il s'agit d'une occultation. Durant la seconde moitié du XIXe siècle, l association a en effet donné naissance à un « mythe officiel de la fondation de la Société Industrielle »: alors que sous la Deuxième République et le Second Empire*, elle entretient encore des relations avec la maçonnerie de Mulhouse, elle tient à officialiser la version d'une création spontanée, inorganisée, autonome mettant l'accent sur le caractère scientifique de ses objectifs « oubliant » les préoccupations sociales et philanthropiques. Il faudra attendre les lendemains de la Seconde Guerre mondiale, pour que le mythe cède la place à l'histoire.

Chr. N.


SOCIÉTÉ OLYMPIQUE
(La) La Société Olympique présente bien des analogies avec la loge des Amis Réunis*, meme si, comme cette dernière, elle a été peu étudiée. La source essentielle dont nous disposons pour la connaissance de cette société est la « Liste des membres qui composent La Société Olympique avec leurs qualités et demeures pour l'année 1786 » (soit la brochure no 14 718 de la Bibliothèque historique de la Ville de Paris... qui a été volée dans les années 1980). Deux autres exemplaires existent cependant à la Bibliothèque nationale de France: dans le fonds maçonnique (fonds Baylot FM 153) et aux Imprimés (H 18751). La Société Olympique était souchée sur la loge* parisienne L'Olympique de la Parfaite Estime. Cette dernière obtint ses constitutions de la Mère Loge* Écossaise du Contrat Social le 27 novembre 1779 puis demanda à deux reprises, des Constitutions au Grand Orient* de France, le 18 décembre 1782. Elle est installée le 22 mars 1783.

De sa création à 1789, le nombre des frères identifiés comme membres de cette respectable loge dont le titre exact est L'Olympique de la Parfaite Estime ne dépasse pas 39. En revanche, La Société Olympique, qui est souchée sur la loge, dépasse les 438 membres: on compte 363 membres effectifs, 52 membres de l'orchestre et 23 associés. En 1987 un article de Pierre Chevallier, dans la revue Dix-huitième Siècle, donne une liste de 194 nouveaux noms pour l'année 1788. C'est par ces chiffres que repose la spécificité de la loge et de La Societé Olympique. La Société Olympique, quoique composée uniquement de maçons, est avant tout une formation musicale. Elle doit son renom aux deux frères mélomanes qui décidèrent de sa fondation: le fermier général Charles Marin de La Haye des Fosses et Claude Mane Rigoley d'Ogny, intendant général des Postes du royaume et membre de la loge Les Amis Réunis*. En 1788, La Société Olympique louait par l'intermédiaire d'Alexandre Joseph Félicien de Baroncelli marquis de Javon (lui aussi membre des Amis Réunis et de La Société Olympique), cinq arcades au Palais-Royal pour la somme de 7 000 livres. Avec ce dernier, six frères ont signé manu proprio le bail. La Société Olympique est bien stricto sensu une loge maçonnique. Suivant son règlement général « chaque membre s'acquitte d'une cotisation de 120 livres par an [...] qui lui donne le droit d'entrer aux douze concerts, aux travaux de la maçonnerie symbolique au premier grade*, aux travaux ordinaires de la loge d'adoption et au local tous les jours ». Le premier concert eut lieu le 11 janvier 1786, dans la salle des Cent-Suisses au palais des Tuileries. Les réunions, les salons de lecture et la salle à manger se trouvaient sous les arcades du Palais-Royal mais les salons de musique étaient trop petits pour les grands concerts d'où l'utilisation de la salle des Cent-Suisses.

Sur 288 abonnés identifiés, on compte 179 nobles (dont 2 princes 3 ducs et 4 maréchaux) et 109 ecclésiastiques et grands bourgeois. L'orchestre est composé de 65 instrumentistes, dont 43 professionnels et 12 amateurs. On y rencontre le baron Charles Ernest de Bagge (1722-1791), violoniste amateur qui a organisé l'accompagnement musical de l'initiation* de Voltaire* à la loge des Neuf Sœurs* en 1778 Nicolas Méhul (1763-1817), Louis Joseph Francœur (1738-1804), compositeur directeur de l'orchestre de l'Opéra et Surintendant de la Musique du roi, membre des Amis Réunis, et Danican Philidor (17261795). L'orchestre comprend 14 premiers violons, l 4 seconds violons,7 altos, l 0 basses, 4 contrebasses, 4 cors* 2 hautbois* 3 flûtes*,2 bassons*, l timbale*,2 clarinettes*, 2 trompettes. Le succès des concerts de La Société Olympique est immédiat. Le vénérable* pendant plusieurs années est Savalette de Langes* le fondateur des Amis Réunis, et cela explique pourquoi on retrouve nombre des frères des Amis Réunis à La Société Olympique.

Grâce à l'entremise de Rigoley d'Ogny Joseph Haydn* écrivit, en 1785-1786, pour La Société Olympique, les symphonies dites parisiennes (n° 82 à 87) qui lui furent payées 25 louis d'or chacune. En 1788 1789 Haydn dédia au comte d'Ogny les symphonies 91 et 92.

La Société Olympique disparut au début du mois de juillet 1789, au moment où les gardes françaises envahirent son siège sous les arcades du Palais-Royal.

P.-Fr. P.


SOCIÉTÉ PHILHARMONIQUE DE REIMS
À l'instar de La Société Industrielle de Mulhouse*, la Société Philharmonique de Reims constitue un bon exemple du rayonnement maçonnique au XIXe siècle. Fondée en septembre 1833 par les frères de La Sincérité, sa création est l'aboutissement d'une évolution de la loge* en faveur d'un engagement caritatif et social.

Les frères de La Sincérité ont tout de suite pressenti que leur action philanthropique devait trouver des appuis dans la société civile pour assurer sa pérennité. Dès les origines, le règlement de la Société Philharmonique (1833) prévoit une gestion partagée entre les frères et des responsables politiques locaux. Les 8 membres du premier conseil d'administration sont répartis entre 5 francs-maçons dont le vénérable* Antoine Cuérard (vice-président), et 3 profanes, dont le président Charles Poisson, sous-préfet.

Les produits des concerts organisés sont destinés à l'instruction des enfants nécessiteux. Là encore les responsabilités de la loge et de la Société sont réparties: le quota d'enfants est fixé par la loge, mais les candidats sont également désignés par les deux organismes. Si la loge gère les fonds recueillis, elle doit rendre compte de ses dépenses au conseil d'administration de la Société. En outre elle met à disposition sa salle des fêtes, appréciée pour son acoustique.

Parmi les musiciens de l'orchestre de la Philharmonique, on trouve des frères de la loge, des amateurs et quelques professionnels du théâtre. Le premier chef d'orchestre est le chef de musique de la Carde Nationale, Joseph Bessières. Son adjoint, Pierre-Hippolyte Hormille (initié en 1836). est chef d'orchestre du théâtre, et l'organiste de la cathédrale, Masson, tient les parties de piano* ou d'harmonium.

À raison de trois ou quatre concerts par an, la Philharmonique propose des programmes variés correspondant au goût des bourgeois de l'époque, se produit au théâtre, au Prado ou en plein air.

Après une période d'essor, la Société connaît des difficultés qui mettent en péril son devenir. On déplore beaucoup d'absences aux répétitions et à la disparition des premiers animateurs s'ajoutent la concurrence croissante des sociétés d'amateurs et, surtout, des déboires financiers dus, entre autres, aux cachets versés à des artistes invités.

La loge doit donc réviser les statuts de la Philharmonique et en 1844, le nouveau règlement témoigne d'un changement d'orientation. Le but initial (venir en aide aux enfants pauvres) est placé au second plan, derrière un objectif essentiellement artistique. Il faut entretenir le goût de la musique et participer à l'entretien du conservatoire. La composition du nouveau conseil d administration confirme le retrait de La Sincérité: sous-préfets, maire de Reims, notabilités locales non initiées se partagent les fonctions de direction Parmi les administrateurs, seul un membre est. avec certitude, maçon: Arnold Aronsshon.

Prenant ses distances avec l'association qu'elle a créée, la loge assurera sa survie. Le coup d'État du 2 décembre 1851 oblige la Philharmonique à suspendre ses activités. Elle les reprend à partir de 1858 mais la guerre de 1870 la contraint à se mettre en sommeil.

Malgré des liens qui se distendent, l'épisode le plus prestigieux de son histoire reste lié à La Sincérité: Franz Liszt* offre en effet un concert, le 3 décembre 1845, dans la salle des fêtes de la loge, et l'orchestre de la Philharmonique exécute en guise d'introduction, l'ouverture du Cheual de bronze d'Auber, puis propose un intermède avec l'ouverture d'Oberon de Weber. Liszt exécute à cette occasion sept pièces (Weber, Bellini Rossini...) dont deux de sa composition. Le concert ne connut pas le succès escompté, mais il est indéniable que la présence même de Ljszt aux côtés des frères fut un succès interne pour les francs-maçons mélomanes et philanthropes.

Chr. N.


SOCIÉTÉ THÉOSOPHIQUE
S-030.JPG (117K) Fondée en 1875 par H.P. Blavatsky et le colonel Oleott, cette société n'a aucun rapport avec la doctrine chrétienne diffusée aux XVI-XVIIe siècles par Jacob Boehme, Swedenborg et Saint-Martin*.

Cette théosophie, qualifiée de pseudo-religion par Guénon*, a pour point central de sa doctrine l'idée d'évolution et de ré incarnation; elle est fortement influencée par le bouddhisme même si ce syncrétisme spirituel et religieux fait également de larges emprunts au néoplatonisme, au gnosticisme, à la kabbale* juive, à l'hermétisme* et à l'occultisme En revanche, ses fondateurs rejettent tout ce qui a trait au christianisme. Ses objectifs sont la formation d'une fraternité* universelle sans distinction de race de sexe, de croyance, et ses membres se livrent à l'étude comparative des religions des philosophies et des sciences, la recherche de lois inconnues de la nature et de pouvoirs occultes de l'être humain. Pour faire aboutir cette recherche, on valorise la pratique du spiritisme de l'astrologie, de la kabbale de la para psychologie... Le système spiritualiste de cette société est présenté par ses membres comme « l'essence même de toutes les religions et de la Vérité absolue ».

Les théosophes sont régis par une hiérarchie occulte dominée par « les Supérieurs Inconnus " (dont fait partie le comte de Saint-Germain), et la société est divisée en un cercle intérieur (la section ésotérique) et un cercle extérieur. Lors de leurs assemblées les membres portent une longue robe blanche.

Même si les objectifs reconnus et la structure de la société gardent leur caractère propre, on est peu surpris de voir apparaître, d'Aimée Bothwell-Cosse* à Marjorie Debenham* en passant par Annie Besant*, de nombreux ponts entre les milieux théosophes et maçonniques... et à partir de 1907, se répercuter sur ceux-ci ies dissensions survenues au sein des premiers. C'est à cette date qu'Annie Besant et l'ancien pasteur Leadbeater prennent la direction de la Société Théosophique qui en 1913, compte ,25 000 membres répartis en Europe, aux États-Unis*, en Inde, en Australie, en Nouvelle-Zélande et en Afrique. Ses orientations se trouvent dès lors profondément infléchies. Alors que Mme Blavatsky et le colonel Oleott étaient fortement influencés par le bouddhisme, Annie Besant et Leadbeater, voulant réconcilier l'enseignement de la Société Théosophique avec celui du christianisme, Font éclater l'ensemble du mouvement en une quantité de branches. De nombreuses personnes étant à la fois membres actifs de la Société Théosophique et Lie la franc-maçonnerie*, ces scissions se répercutent au sein de la fédération britannique du Droit Humain*. En 1908 se forme ainsi l'embryon de The Order of Women Freemasons* dont les maçons rejettent complètement les concepts théosophiques et l'influence morale sur la fédération. Refusant la mixité, l'obédience devient spécifiquement féminine. En 1925, c'est The Order of Ancient and Accepted Masonry for Men and Women qui est fondé sous l'impulsion d'Aimée Bothwell-Gosse: les causes en sont les déviations dénoncées par rapport à la ligne initiale, davantage axée sur la philosophie bouddhiste, voulue par les fondateurs de la Société. Annie Besant est d'ailleurs accusée de mettre la franc-maçonnerie au service de La Société Théosophique.

1. M.


SOLEIL
S-031.JPG (51K) Le soleil est l'un des symboles principaux de l'imaginaire maçonnique. Sa présence est ancienne, mais avec des constances et des variantes. Ainsi, dans le Dumfries n° 4 (vers 1710), le soleil est une lumière* double: « Combien y a-t-il de lumières dans votre loge ?
- Deux.
-Quelles sont ces deux ?
-Le soleil [qui] se lève a l'est et met tous les hommes à l'ouvrage, et [qui] se couche à l'ouest et ainsi renvoie tous les hommes au lit. » Dans le Sloane (vers 1700), le soleil entre dans une triade:
« Combien y a-t-il de lumières dans votre loge ?
-Trois: le soleil, le maître* et l'équerre*. »
Dans le Graham (1726), le soleil est l'une des explications à l'orientation des édifices religieux: « Troisièmement, parce que le soleil se lève à l'est et se couche à l'ouest sur ceux qui habitent près de l'équateur. » Toutefois dans le même texte il est associé à la lune* dans un ensemble de 12 lumières où il reste dominant: « En ce qui concerne le soleil, il procure la lumière jour et nuit. Quant à la lune, c'est un corps obscur issu de l'eau, elle reçoit sa lumière cu soleil... » En Écosse*, la jonction semble plus tardive. Dans La Confession d'un maçon, texte d'environ 1727, on trouve cette curieuse association: « Combien y a-t-il de niveaux dans votre loge ?
-Trois.
-Quels sont-ils ?
-Le soleil, la mer et le niveau*. »
Et le texte de préciser:
«J'ignore pour quelle raison le soleil et la mer sont cités parmi leurs niveaux, mais ils le veulent ainsi.» C'est dans le Wilkinson (vers 1727) que la lune et le soleil sont associés, de manière équitable et complémentaire au sein d'une triade: « Le soleil pour présider au jour, la lune à la nuit, et le maître maçon à sa loge.»
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Cette association est confirmée dans Masonry Dissected (1730) et le reste dans la quasi-totalité des textes maçonniques postérieurs. La seule question sera désormais de savoir si ce duo est inclus dans les trois Grandes Lumières (tradition des Modernes*) ou dans les Petites Lumières* (tradition des Anciens*). A noter que Masonry Dissected est également le premier manuscrit à parler des trois fenêtres que l'on retrouvera sur de nombreux tableaux d'apprenti* et de compagnon* du Rite Français* et du Rite Écossais Ancien Accepté*: « Ces trois lumières immobiles sont trois fenêtres censées (bien qu'inutilement) exister dans tout local où se tient une loge, mais ce sont plutôt les quatre points cardinaux, selon les anciennes règles de la maçonnerie. -Où sont elles situées ?
- À l'est, au sud et à l'ouest.
- À quoi servent-elles ?
- A éclairer les hommes avant, pendant et après leur travail. »

Dans le corpus maçonnique, le soleil occupe une place de plus en plus grande et son association avec la lune s'impose dés la décennie 1720.

Cette présence du soleil et de la lune est d'origine biblique notamment de la Genèse (1, 16-17). Le rapprochement est confirmé par les tournures des premiers catéchismes maçonniques qui sont souvent des emprunts, parfois mot à mot, de la Bible anglicane (1611). Cependant ce choix symbolique biblique s'inscrit dans une architecture archétypale plus vaste. Au demeurant, dans la tradition médiévale. Le Christ est constamment comparé et assimilé au soleil sous les appellations de sol salutis, sol inuictus ou sol occasum nesiens. La littérature chrétienne d'Augustin au mystique auteur anonyme de La Queste du Graal, multiplie les exemples d'analogie entre le soleil, l'ascension et le divin.

Mais cet isomorphisme est quasi universel comme le souligne Gaston Bachelard. Le soleil, et spécialement le soleil levant, est « l'hypostase par excellence des puissances ouraniennes » (Gilbert Durand), à l'image de l'Apollon hyperboréen. Cette héliolâtrie planétaire se retrouve dans les cycles solaires des dieux-héros, Atoum Osiris, Mithra, ou Helios.
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La geste maçonnique a intégré la symbolique du soleil levant bienfaisant et victorieux de la nuit, en oubliant le soleil noir destructeur. C'est l'ascension lumineuse et le berceau solaire, l'Orient, qui sont ainsi valorisés et intégrés dans le corpus maçonnique. Retenons également que si l'association soleil-lune arrive en loge par la Bible*, ce couple est largement présent dans le monde, dans l'art pré-angkorien comme dans la « Table d'émeraude » dans le système cosmogonique Dogon comme dans les légendes bouriates, chez les Rhadé des hauts plateaux centraux du Vietnam ou chez le théologien iranien Abû l-Fath al-Shahrastâni (1086-1153).

Comme l'archétype dont il procède le symbolisme solaire maçonnique est multivalent. Les légendes, l'iconographie, les rituels et les usages maçonniques ont privilégié le. soleil comme source de lumière physique et spirituelle, de chaleur vivifiante de résurrection d'immortalité de connaissance intuitive et d'intelligence cosmique. La course solaire, journalière et annuelle, détermine la marche et rythme le travail et l'année des maçons (fêtes solsticiales).

La présence du soleil (et de la lune) en maçonnerie a produit une abondante glose. Leur association traduirait le dualisme actif-passif, jour-nuit, esprit-âme cœur-cerveau, père-mère, droite gauche, vie-mort, Osiris-lsis, ascension descente, midi-minuit, sacerdoce-empire, Église-Synagogue, feu eau, soufre*-mercure* ou intellect-inconscient. Quoi qu'il en soit le soleil figure dès la décennie 1740 sur les tableaux de loge. Depuis lors, sa place et sa présence (ou son absence), aux deux premiers degrés symboliques varient selon les rites* et les grades. Le soleil est associé à la colonne B* chez les Modernes et à la colonne J* chez les Anciens.

Notons enfin que le 28° du Rite Écossais Ancien Accepté se nomme Chevalier du Soleil* .
Y. H. M.